L'humanité, en ses premiers signes,

trouvés dans une lointaine grotte d'Arménie.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'humanité, tiraillée

L'humanité qui trace, crée et tue

L'humanité qui a perdu le chemin d'où elle venait,

celle qui s'âbime dans la prétention.

L'humanité qui cherche encore un devenir

Sang et ossements, art et sensibilité, océan et

cimetierre.

Dis moi : faut-il aimer l'humanité?

Existe-t-elle seulement ?

L'humanité des chiens fous,

celle des singes illuminés,

celle des chats sauvages,

celle des tueurs en raison,

celle des songeurs et des actifs,

celle du non-agir,

celle des couleurs.

L'humanité d'Arménie, en de lointaines montagnes, loin de New York,

celle d'une rue chaleureuse du vieux Paris,

celle d'un visage à l'incroyable finesse,

celle des souffrances sans fin,

celle qui a oublié ce qu'était l'argent.

Faut-il aimer l'humanité ?

L'humanité de l'infinie bêtise et cruauté,

l'humanité assise au coin d'un bar,

celle d'un regard tranquille et bienveillant,

celle de la non-angoisse et du sourire,

celle des bois et des espaces,

la belle humanité du léopard, lui qui me voit comme un animal.

 

 

L'humanité d'ailleurs et qui ne sera pas,

celle qui ne sera jamais que virtuelle,

celle qui vit dans nos espoirs et n'en existe pas moins,

celle au nom de qui il vaut la peine de vivre,

celle qui ne sera pas.

 

 

 

L'humanité, en ses derniers signes, loin des grottes détruites,trouvés au milieu d'une mer incertaine et vide.

Celle qui va mourir.

24 mars 2002

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