Vibrations et genèse de l'univers

(libre adaptation des récentes avancées de la théorie des cordes en physique)

Au tout début d'un nouveau cycle était une corde au sein d'un milliard de cordes qui, toutes ensembles, étaient de la taille d'une poussière.

La poussière était entourée d'une membrane. Chacune de ces cordes pouvait vibrer selon un mode déterminé et singulier, dégageant une énergie orientée et pulsée. L'énergie était l'expression quantitative potentielle de l'intensité et du mode de ses vibrations.

Une corde se met alors à vibrer et aussitôt cette vibration se transmet à toutes les autres et provoque leur propre vibration, à la manière de la propagation d'une onde. Une première musique, formidablement chargée d'énergie, se compose, se forme, se déploie selon une multitude d'orientations. Elle surgit dans le vide.

Alors, déjà, tout est par elle et, sans elle, rien de ce qui est ne fut. En elle est toute existence possible. Cette première musique est l'univers actuel. Elle recouvre le silence, tout en se laissant porter par lui. Le bruit ne l'a pas capturée. C'est l'auto avènement d'une force qui débute le nouveau cycle et fera, 14 milliards d'années plus tard, que nous, humains, existons.

Cette musique vient comme pour rendre témoignage au vide afin que toute chose, par elle, accède à son existence. Elle est, si l'on peut dire, l'unique lumière qui, engendrant le nouvel univers, illumine et porte grâce au vide qui la soustiend et la nourrit, tout devenir. Suite à cette vibration et à son immédiate propagation, l'espace et le temps se forment et l'univers grandit selon ces 4 dimensions, jusqu'à atteindre une première immensité La musique se pare de toutes les couleurs du spectre.

Au même instant, 7 autres dimensions s'engendrent et s'enroulent sur elle-même. Elles ne sont pas visibles, mais on peut, sous la musique dominante, par une oreille attentive, entendre leur mouvement qui, jusqu'à aujourd'hui, nous parvient. Mais les humains ne les ont pas encore connues, car leur oreille n'est pas assez fine et leur attention n'est pas assez tendue. Ils ne les reçoivent pas. Ils n'en perçoivent que les effets. Ils ignorent tout de leur réalité et croient que ces effets ont été créés à leur destination. Il n'en résulte que confusion.

Le premier effet est appelé Liberté, qui est puissance en acte.

Le second effet est appelé Amour, qui est attirance et attachement.

Le troisième effet est appelé Générosité, qui est composition mouvante des sons.

Le quatrième effet est appelé Paix, qui est silence.

Le cinquième effet est appelé Justesse, qui est respect et rectitude dans les trajectoires.

Le sixième effet est appelé Révolte, qui est permanent rejet de ce qui est.

Le septième effet est appelé Chaos, qui est effectuation indéfinie d'événements.

Ces 7 autres dimensions, que nous, minuscules humains, ne connaissons que par leurs effets, les plus savants et lucides d'entre les humains ont donné des noms d'éthique. Les plus ignares et ambitieux en ont fait une métaphysique. Elles constituent, avec les trois dimensions de l'espace et celle du temps, les 11 dimensions dans lesquelles, en les formant, la musique de notre univers se déploie avec une puissance sans égal.

La musique nous fait, mais nous ne la reconnaissons pas dans sa pleine réalité. Elle est en nous et nous ne la recevons pas pour ce qu'elle est. Mais à ceux qui, un jour, pour autant que l'humanité existe encore, pourront la recevoir, elle donnera le pouvoir de devenir enfants des différentes lumières dont la musique se pare.

Au bout de 7 milliards d'années, à la moitié de sa durée actuelle, alors que déjà une multitude de matières, comme énergies refroidies, s'est constituée et que la membrane s'est considérablement dilatée, la musique perd de son impulsion initiale. Les vibrations commencent à s'épuiser. Les ondes renversent leur direction.

Une collision virtuelle de tous les amas de matière-énergie déjà constitués apparaît. De cette virtualité surgit un brutal surcroît de vibrations qui donne, dans toutes les directions de l'univers et selon la totalité des orientations, une seconde impulsion, plus forte encore que la première, car lestée de toute la masse de la matière-énergie déjà produite.

Tout se dédouble. Une nouvelle onde s'étend sur la première et l'engloutit. Une nouvelle salve de lumières explose dans le vide. Car quel que soit le regain de puissance de la musique et son halo de lumières, elle ne fait que surfer sur le vide, là où s'étendent, partout, les 7 dimensions enroulées.

Nous nous sommes faits minuscules résidents dans la musique et ses lumières, forts de ses potentialités, mais aveugles à ce qu'elles sont. La musique, nous ne l'entendons que très imparfaitement, du moins pour ceux qui, parmi les humains, et ils sont encore rares, pensent son existence et prêtent l'oreille à ses cercles de présence.

Mais, pour le peu de choses que nous en entendons, nous pouvons imaginer dans notre esprit, une nouvelle dimension que nous appellerons : Beauté du chaos, dans son harmonie sans cesse bouleversée.

C'est là le pouvoir précieux de notre imagination humaine.

Philippe Zarifian

Paris le 26 avril 2008

 

 

 

 

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