L'agonie d'une civilisation

. Par Philippe Zarifian, 20 janvier 2006

Depuis plusieurs années se développe en moi l'idée, encore très largement intuitive, que nous vivons l'agonie de la civilisation occidentale. Nous la vivons en direct et, par certains côtés, nous la vivons à l'intérieur de chacun d'entre nous, pour ceux qui sont nés, ont grandi, se sont forgés une intelligence et une sensibilité en son sein. Il est donc particulièrement difficile de " prendre du recul ", selon l'expression habituelle et le sujet est tellement vaste que le passage à un raisonnement et une démonstration rigoureux pose question. Je choisis intuitivement le mot " agonie ". Ni le terme de " décadence ", ni celui de " déclin " ne me semblent adéquats. Rien n'indique que cette civilisation soit tombée en décadence et rien n'indique, non plus, qu'elle soit sur le déclin. On peut d'ailleurs constater que le processus d'occidentalisation du monde a repris des forces. Sa pénétration en Chine en témoigne. Rien ne permet de dresser une comparaison avec la fin de l'Empire romain, par exemple.

Mais " agonie " est un terme encore plus fort et radical. Agonie vient du latin et signifie angoisse. Ce mot désigne par ailleurs, comme chacun le sait, les moments qui précédent la mort. Une agonie peut être longue : celle du pape Jean Paul II nous en aura fourni l'illustration. S'agit-il du processus qui précède la mort, donc la dislocation de l'unité essentielle d'un être ? Ou s'agit-il d'une insertion de la mort dans le cours de l'existence, une sorte de remontée de la mort dans la vie ?

Les deux probablement, mais la seconde formulation me semble mieux rendre compte de ce que nous vivons.

Premier indice : le changement de paradigme

Il s'est produit, dans le temps court d'une vie humaine, un formidable changement dans l'horizon d'action des membres de la civilisation occidentale. Les générations du baby boom, dont celle de 1968 reste l'emblème, se sont projetées sur un horizon positif : instaurer un monde meilleur.

La manière de qualifier ce monde meilleur et de se battre, déjà au présent, pour le faire advenir, pouvait varier : communisme, auto-gestion, anarchisme…Mais la démarche était identique : se battre pour un futur, à la fois autre et meilleur. Et l'adversaire était simple à nommer : le capitalisme, la machine d'Etat. Même ceux qui ne plaçaient pas leur vision à ce niveau d'exigence aspiraient, plus modestement, à une vie personnelle meilleure que celle des générations précédentes.

Or, ce qui a considérablement changé, c'est que pour l'essentiel, les générations actuelles pensent et, le cas échéant, se mobilisent pour éviter l'advenue d'un monde pire. Dans l'horizon des pensées et des actions, le monde pire a remplacé le monde meilleur. Le présent est donc vu de manière tout à fait différente : au lieu d'y déceler les embryons, indices, tendances porteurs d'un monde meilleur, on cherche à élucider les processus déjà engagés et, qui, laissés à leur développement spontané, conduiraient à un monde pire, dont l'horizon ultime ne serait rien moins que la disparition de toute possibilité de vie sur Terre.

Il faut alors, soit retarder, soit limiter, soit, dans le meilleur des cas, inverser ces processus.

Au paradigme " du monde meilleur " (au sens large et idéalisé de ce terme) s'est substitué le paradigme " écologique ". Ce paradigme - éviter le pire, c'est-à-dire, rigoureusement parlant, penser et agir par peur du futur probable - s'étend progressivement à tous les domaines:

- celui du social (éviter une trop forte dégradation de la situation sociale et du système de sécurité social, au sens large du terme),

- celui du politique (éviter que des formes sournoises ou explicites de dictature ne s'instaurent),

- celui des rapports inter-individuels (éviter qu'ils ne se règlent de plus en plus sur l'indifférence ou la violence),

- celui de la guerre et de la paix (éviter que les foyers de guerre ne se multiplient), et, bien entendu, le plus fort d'entre eux :

- éviter les catastrophes qui pourraient résulter de la dégradation de l'éco-système qui " supporte " la vie humaine.

Curieux moment, au cours duquel la référence au présent-passé devient la bouée de sauvetage à laquelle nous nous accrochons, face à ce qui se montre du présent-futur. Comme le présent semble bien se dégrader, nous devons suivre le curseur : plus nous avançons dans le futur, plus reculent nos prétentions quant au passé à recouvrer. Car, par définition, le présent est mobile. Il n'est pas jusque dans le domaine de l'art que la culture occidentale semble jeter l'éponge : les grandes périodes passées font retour de manière nostalgique et on tente, vainement, d'en retrouver l'énergie et l'inventivité. Dans le cinéma, quel auteur occidental peut être dit marquant, comme renouvelant cet art ? Cronenberg peut être, mais à part lui ? Tout ce qui se passe de beau et de nouveau en matière d'art cinématographique vient désormais d'Asie (et d'Iran, et d'Afrique). Et dans la musique ? Et dans la littérature ?

Je prends ce basculement de paradigme comme un premier indice, une première facette de l'agonie.

Second indice : le désenchantement du monde.

Ce diagnostic, posé par Max Weber, a pris une nouvelle actualité. Au départ, Weber avait construit cette formulation pour désigner un phénomène simple et limité : l'abandon, par certaines communautés humaines, de leur vision d'un monde enchanté (le monde des fées par exemple). Mais cette expression a pris chez lui une signification nettement plus large : le désenchantement du monde signifie tout à la fois le triomphe de la rationalité en finalité (le triomphe de la recherche rationnellement conduite d'efficacité des moyens par rapport à une fin) et le déclin, voire la disparition de la rationalité en valeurs (la recherche, rationnellement motivée, de la mise en application de valeurs de conviction, dont les grandes religions auront constitué l'archétype). Pour dire les choses autrement, l'individu que Max Weber voit apparaître, au début du 20ème siècle, est une personne qui n'est plus animée par aucune valeur de vie, par aucune conviction, et qui se contente de trouver une fonction dans l'univers froid des mécanismes qui règlent l'efficacité des systèmes (le système économique, le système bureaucratique en particulier).

Cela ne veut pas dire, dans l'esprit de Weber, que ces valeurs ont disparu, mais qu'elles se trouvent intentionnellement refoulées et enfermées dans la partie intime de l'existence de chacun. Ce diagnostic essentiel me semble actuellement confirmé, bien qu'il faille modifier le triomphe de la froide logique techniciste et bureaucratique que Max Weber pensait voir s'avancer. Le diagnostic essentiel est juste : les générations actuelles (sur lesquelles les générations de " 1968 ", à l'issue de leur propre désenchantement personnel, ont agi) ont largement abandonné tout idéal et toute référence à des grandes valeurs, qui leur paraissent être devenues de pures abstractions, dénuées de toute réalité concrète (égalité, liberté, fraternité ou amour du prochain…). Ces générations s'engagent, d'entrée de jeu, dans une vie désenchantée, laissent de côté toute croyance en des valeurs de conviction, et visent, plus modestement, à réussir leur vie au sens matériel du terme, renvoyant les valeurs aux sentiments aptes, encore pour un temps, à prendre corps dans la vie purement personnelle (avec le soupçon de la fragilité de ces sentiments : amour, amitié).

Et de fait, pour reprendre les propos de Max Weber, le souci des biens extérieurs matériels s'impose désormais à nous, bien loin que d'être un choix. S'impose un " ordre lié aux conditions techniques et économiques de la production mécanique et machinique qui détermine, avec une force irrésistible, le style de vie de l'ensemble des individus nés dans ce mécanisme… Peut être le déterminera-t-il jusqu'à ce que la dernière tonne de carburant fossile ait achevé de se consumer " Là où Weber semble s'être trompé, ce n'est pas sur le vaste processus de désenchantement du monde, mais sur le triomphe " sans partage " de la froideur et de l'aspect mécanique de la rationalité économique en finalité. On constate que cette froideur - qui règne effectivement dans les affaires économiques - se doit d'être enrobée, soit dans des discours reprenant la valeurs canoniques du passé (la Liberté à droite, la Justice et la Solidarité à gauche), soit dans des résurgences radicalisées de croyances religieuses anciennes, qui prétendent contrebattre, sur le plan moral, le triomphe de la dimension froide et inhumaine de la civilisation occidentale.

Mais, dans les deux cas, ces éléments de maintien ou de retour d'une rationalité en valeurs ont une influence faible sur le comportement pratique de la majorité de la population " occidentale " et s'expriment de manière logiquement réactionnaire (= retourner dans le passé, sans proposer un idéal nouveau).

Reste valable la sentence terrible, aux accents prophétiques, de Max Weber. Nous assistons à "la putréfaction mécanique, agrémentée d'une sorte de volupté compulsive. En tous cas, pour les " derniers hommes " de ce développement de la civilisation, ces mots pourraient se trouver en vérité : " Spécialistes sans vision et voluptueux sans cœur -, ce néant s'imagine avoir gravi un degré de civilisation jamais atteint jusqu'à maintenant " .

Troisième indice : l'installation de la redondance.

Ce phénomène est frappant : redondance des discours, redondance des pratiques, qui cachent mal un gigantesque vide. Prenons le cas de la démocratie : la mécanique de la démocratie représentative continue peu ou prou de fonctionner, non sans des difficultés croissantes, mais elle devient totalement redondante, sans apport ni contenu mobilisateur. Il est sans cesse répété, mais avec lassitude (ou pire encore : accompagné d'accents religieux qui vante la Liberté dont bénéficie les démocraties), que la démocratie est la moins mauvaise des formes de gouvernement. Nous sommes désormais loin des rêves et aspirations des philosophes libéraux qui, au 18ème siècle, en ont conçu la doctrine et les institutions. Vaste redondance des discours de " défense de la démocratie ", toujours les mêmes. Vaste mécanisation des pratiques. Alors que tout citoyen un peu averti sait qu'il n'a jamais été aussi peu " représenté ", que toutes les décisions se prennent dans ces cercles étroits, que la médiatisation des candidats, les campagnes électorales permanentes et l'argent qui y est investi ont désormais plus de poids que l'acte électoral. C'est la lassitude qui l'emporte. Les dirigeants politiques peuvent, périodiquement, tenir des accents mobilisateurs, la grande majorité des humains de cet univers savent qu'ils n'ont rien d'essentiel, ni de nouveau à attendre de cette démocratie. Il s'aperçoivent que, mis à part quelques discours creux sur la Liberté et/ou la Solidarité, on ne leur présente plus aucun idéal. On retrouve plutôt, dans les promesses faites, les accents du " moins pire " : moins de chômage, moins d'insécurité, etc.

Mais on pourrait en dire autant du monde économique : les grandes entreprises tentent vainement de présenter des " valeurs ", qui ne sont pas autre chose d'ailleurs que de la prescription de comportements individuels. Or, tout salarié sait que ce qui règle réellement ce monde reste, de manière totalement redondante là aussi, le taux de profit, la valorisation du capital, voire l'affrontement concurrentiel aux accents guerriers.

Bref : nous vivons dans un moment de notre civilisation dans lequel on s'aperçoit qu'elle n'a plus rien à dire, plus rien à apporter. Nous sommes désormais enfermés dans des cercles qui se répètent sans fin, comme un disque enrayé. Le vide que nous côtoyons, en tentant de ne pas y penser, est réellement vide : il ne contient aucun potentiel, aucune force, aucune promesse, aucun idéal. Quelques philosophes ou sociologues, eux aussi usés et fatigués, veulent nous faire croire que chaque " sujet " aurait la capacité d'inventer sa propre vie. La réponse au vide d'une civilisation devrait résider dans les " ressources " de chaque sujet, créateur de sa propre vie. Mais à partir de quoi ? Dans la perspective de quoi ?

Pour une partie de la jeunesse, ce vide devient un vertige. La redondance peut avoir des effets dormitifs. Mais pour ceux qui n'acceptent pas une vie appauvrie et dénuée d'idéal, c'est plutôt, soit une révolte profonde, mais dénuée d'objet précis, soit un sourd désespoir qui risquent de s'installer. Il n'y a même plus à se révolter, à lutter contre des grandes dominations. Ces dernières sont tellement incrustées dans la redondance ordinaire qu'on ne parvient même plus à les voir, et moins encore à s'en indigner.

Quatrième indice : la montée du régime sécuritaire.

Il me semble inutile, factuellement, d'insister sur la considérable et rapide montée d'un régime sécuritaire pour laquelle le gouvernement américain a ouvert le chemin, armé d'un cynisme à toute épreuve. Tous les pays occidentaux s'alignent progressivement. Si l'on met ensemble, en France, toutes les lois et dispositions qui, dans le domaine de la police comme dans celui de la justice, réduisent les libertés individuelles (et les libertés collectives), on aboutit à un impressionnant recul de l'exercice légal possible de ces libertés. Les Etats-Unis y ont apporter leur touche : la sauvagerie de la torture et le mépris ostensible du respect des droits de l'homme viennent s'ajouter à la loi votée pour réduire ces droits.

Ce n'est pas rien : la liberté individuelle figure comme une sorte de pivot de référence central de l'apport de la civilisation occidentale. C'est un point nodal, dont d'ailleurs les Etats-Unis ont été les porteurs les plus forts. C'est dire que la désagrégation (légale et illégale) de l'exercice de cette liberté introduit, au cœur de notre civilisation, un élément essentiel de corruption (et un doute irrépressible sur l'aspect " civilisateur " de la civilisation occidentale).

Il n'est pas simple de comprendre les raisons de la montée de ce régime sécuritaire de contrôle, dont j'ai montré, dans d'autres textes, que son support technique reposait désormais sur une généralisation du fichage et du traçage, permettant un suivi du comportement et des actes de chaque individu (traitement informatique en point à point et recoupement des fichiers).

Une chose me semble certaine : des gouvernements qui gouvernent par la peur sont aussi des gouvernements qui ont peur. Mais peur de quoi ? Certainement pas, à titre principal, des petits groupes terroristes ou des jeunes des banlieues. Il s'agit nécessairement d'un phénomène de beaucoup plus vaste ampleur. J'avoue ne pas être en capacité de répondre clairement à cette question, mais j'avancerai deux hypothèses :

- ces gouvernements savent qu'ils ne peuvent plus gouverner, avec légitimité et adhésion des citoyens, par le positif, car ils n'ont plus la possibilité de le produire. Ils ont donc peur d'une grave crise de légitimité, en même temps qu'ils utilisent la peur pour religitimer et durcir la nécessité de l'exercice de leur pouvoir. Les manifestations " de rue " auxquelles ils ont à faire face ne sont que l'écume de ce problème majeur.

- Ces gouvernements n'ont plus prise sur des leviers essentiels, et en particulier le levier économique et financier (et donc social). Ils éprouvent une perte constante de leur pouvoir réel et ne peuvent que constater l'étroitesse de leur rayon d'action (face au rayon mondialisé des grandes firmes et des grands investisseurs sur les marchés financiers). Ils se replient sur leurs fonctions dites " régaliennes ", sur fond d'une crise endémique des finances publiques. Et, par une étrange ironie du sort, ce sont ces gouvernements qui sont situés en première ligne dans les critiques, voire révoltes des opinions publiques, alors que les véritables fauteurs de ces situations (directions des firmes mondialisées et capital financier de placement) agissent dans l'ombre, en parfaite impunité. C'est l'amère rançon de la fiction du maintien de la démocrate politique, et donc de la responsabilité de la classe politique.

Cinquième indice enfin : une interrogation profonde sur les choix de mode de vie.

C'est la civilisation occidentale, au moment où elle s'est couplée avec le formidable dynamisme du système capitaliste dans la production de biens matériels, qui a à la fois suscité et utilisé une véritable révolution dans les conditions matérielles de vie. C'est encore ce qui fait son attrait, en Chine par exemple. C'est de manière erronée qu'on a pu cerner l'émergence d'une " société de consommation ", car la dynamique réelle, qui autorise la croissance de ces richesses matérielles, réside toujours dans l'efficacité (la productivité) des systèmes de production. Mais voici : un doute énorme et irréversible s'est installé, à la fois sur la poursuite d'un tel mode de croissance, mais aussi sur sa " valeur ", l'accroissement de la richesse en biens matériels étant venu progressivement tenté de combler le vide croissant en matière de perte des valeurs éthiques.

Doute irréversible : il ne s'agit pas simplement d'un épuisement des ressources dites naturelles, ni d'une montée en puissance des effets qui commencent à mettre en péril les conditions de perpétuation de la vie humaine (par exemple en émission de gaz à effets de serre ou en accumulation des déchets radio-actifs).

De manière plus profonde, c'est un changement de vision de la " Nature " qui s'impose à nous et qui remet en cause tous les archétypes mentaux sur lesquels l'approche à la fois scientifique et pratique du rapport à la nature ont été construits, au cours de la longue histoire de la civilisation occidentale.

Deux archétypes s'étaient imposés et s'effondrent :

- celui du caractère immuable des grands phénomènes naturels,

- celui de la maîtrise, par l'homme, de la part de cette nature qu'il pouvait soumettre et exploiter à son bénéfice, grâce son labeur (rappelons que dans la religion chrétienne a été soutenu, pendant des siècle, que le monde terrestre avait été créé " pour l'homme ", lui-même ayant été créé à l'image de Dieu).

Une Nature intouchable d'un côté, une nature pure ressource à disposition de l'homme d'un autre. Cette vision a joué un rôle considérable dans la délimitation des concepts philosophiques et scientifiques de la civilisation occidentale (à la différence de la civilisation chinoise par exemple) et a pu être remobilisée activement lorsqu' est apparu le système économique capitaliste.

Or c'est cette vision qui s'effondre et qui emporte, dans son effondrement, à la fois une partie de la validité de la production intellectuelle occidentale et un doute irréversible sur la capacité de l'Occident à maintenir sa promesse d'accroissement indéfinie des richesses matérielles.

Que nous ne soyons pas encore en mesure de penser une alternative à la hauteur de ce défi est à la fois inquiétant et normal. Inquiétant, car, en matière écologique, une véritable course de vitesse est engagée (nous savons l'irréversibilité de certains processus de dégradation), normal, car la remise en cause est très profonde. Elle ne peut se limiter à des aménagements partiels de notre mode de vie. C'est tout un nouveau rapport aux processus naturels (dont notre corps est partie prenante) qu'il faut repenser, avec comme indice empirique central : la santé des populations.

Conclusion.

Une civilisation agonisante n'est pas simplement une civilisation qui, pour une période indéfinie - personne ne peut statuer sur sa durée - s'avance vers sa mort, sa désagrégation, voire sa progressive putréfaction. C'est aussi une civilisation au sein de laquelle l'idée de mort, insidieusement, s'installe. Elle y prend, dans un premier temps, la forme de la peur. C'est-à-dire la crainte d'une mauvaise chose probable qu'il faudrait tenter d'éviter en choisissant un moindre mal. Dans un second temps, elle prendra la figure du désespoir, c'est-à-dire de la crainte de l'occurrence d'un mal certain. Ce désespoir est déjà présent dans une partie de la population du globe.

Je n'ai intentionnellement pas parlé de la civilisation " autre ", qui pousse derrière cette civilisation agonisante. C'est bien sûr, une fois le diagnostic établi, entièrement sur elle qu'il nous faut désormais porter nos regards, mobiliser nos intelligences, réélaborer des idéaux et des valeurs de conviction. J'ai commencé à le faire dans mes deux livre : L'émergence d'un Peuple Monde et L'échelle du monde, mais cela dépasse de loin les capacités d'un seul individu.

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